29/06/2026 06:24 - Economia
Le premier semestre de 2026 a affiché des résultats positifs en matière de désinflation et d'accumulation de réserves par la Banque Centrale (BCRA). Cependant, une certaine faiblesse de l'activité économique a été relevée. La grande question pour les mois à venir est : qu'adviendra-t-il du taux de change officiel ?
En juin 2026, le dollar officiel a connu un sursaut après plusieurs mois de stagnation. Selon les données du marché, le dollar a atteint 1.479 pesos argentin (ARS) le mercredi de la dernière semaine, son niveau le plus élevé depuis novembre 2025. Cette hausse représente une gain de près de 5% pour le mois.
Cependant, sur l'ensemble de l'année 2026, la hausse n'est que de 22 pesos, soit 1,5%, à comparer avec une inflation cumulée proche de 16% au premier semestre. Cet écart explique pourquoi, pour les épargnants locaux, le dollar officiel est resté une option peu rentable ces derniers mois.
Source : Infobae
Les opérateurs de marché identifient plusieurs facteurs expliquant cette hausse récente :
Les contrats à terme sur le dollar permettent d'anticiper les attentes des investisseurs. Les cotations actuelles indiquent :
| Période | Prix projeté (ARS) | Variation | Plafond BCRA |
|---|---|---|---|
| Fin juin 2026 | 1.478 $ | - | 1.803 $ |
| Fin juillet 2026 | 1.504 $ | +1,8% | 1.841 $ |
| Décembre 2026 | 1.653 $ | +11,8% (6 mois) | - |
Ces valeurs restent sous le plafond des bandes changeables de la BCRA, suggérant une correction ordonnée sans crise.
L'économiste note que malgré la baisse des prix du pétrole, la production d'hydrocarbures reste en hausse. Les revenus en devises de l'énergie et de l'agriculture resteront essentiels pour soutenir la correction.
Il explique que les contrats à décembre négocient autour de 1.653 pesos, impliquant un taux implicite annuel de 24%, bien en dessous de l'inflation projetée à 32%. Le marché anticipe un retard de change d'environ 16% pour la fin de l'année, mais sans crise.
Il affirme qu'un glissement du dollar plus proche du rythme de l'inflation pourrait être bénéfique pour maintenir la vigueur du secteur externe, surtout si la BCRA continue d'acheter des devises.
L'INDEC (Institut national des statistiques) a rapporté un déficit courant de 1.651 millions USD au premier trimestre 2026, compensé par un flux net de capitaux de 2.398 millions USD.
Le déficit courant s'est réduit par rapport à 2025 (5.158 millions USD), grâce à une balance commerciale positive passant à 6.339 millions USD. Les exportations ont grimpé de 17,2% tandis que les importations ont chuté de 6,4%.
Le déficit des services (notamment le tourisme) s'élève à 4.028 millions USD.
BBVA Research prévoit une inflation de 29% fin 2026, modulée à 20% en 2027, grâce à une moindre volatilité financière et un équilibre fiscal. Le processus de désinflation se poursuivrait progressivement.
Scénario A : Moins de dollars disponibles, la BCRA durcit les conditions financières.
Scénario B : La désinflation continue, réduisant l'écart des taux réels.
Scénario C : Retour à la normale après les vacances d'hiver (juillet en Argentine).
Source : Parakeet
Le second semestre 2026 sera une période de transition où le dollar prendra le devant. La combinaison de moins d'offre de devises et d'une inflation persistante suggère une correction du taux de change. Le consensus anticipe une transition ordonnée, sans secousse, soutenue par les exportations d'énergie et agricoles. La BCRA a accumulé 11 milliards USD en 2026, offrant une marge de manœuvre confortable.
Alfredo S. Quiroga