24/06/2026 06:04 - Actualidad
C'est un véritable tremblement de terre politique dans la province de Mendoza, au pied de la Cordillère des Andes. Le 23 juin 2026, la communauté universitaire de l'Université Nationale de Cuyo (UNCuyo) a basculé. Pour comprendre l'importance de cet événement, il faut savoir qu'en Argentine, les universités publiques élisent démocratiquement leurs autorités. Pour la première fois depuis l'avènement des élections directes, la liste Encuentro Plural, menée par Adriana García, a battu le parti gouvernement local, l'Union Civique Radicale (UCR), qui dirigeait l'institution depuis 12 ans.
Face à Gabriel Fidel, candidat soutenu par le gouverneur sortant et le parti radical, Adriana García a su fédérer les aspirations de changement. Avec plus de 16 000 votants, la participation a démontré l'engouement pour cette élection, répartis dans 155 bureaux de vote à travers le campus universitaire.
| Adriana García (Encuentro Plural) | 53,36% |
| Gabriel Fidel (Sumar Universidad) | 46,64% |
| Participation : plus de 16 000 électeurs | |
Adriana García n'est pas une inconnue. Professeure et licenciée en Histoire, elle est une figure respectée de l'académie argentine. Elle a été distinguée comme Professeure Consultante de l'UNCuyo, un titre honorifique majeur. Sa carrière de gestion est impressionnante :
Sa victoire s'appuie sur une large coalition allant du péronisme universitaire et non universitaire à des secteurs indépendants, unissant les forces face à l'officialisme sortant.
À ses côtés, Ana Sisti complète ce binôme historique. Actuellement doyenne de la Faculté d'Éducation, elle est Docteure en Gestion de la Qualité Éducative de l'Université de Jaén (Espagne). Spécialiste de l'Éducation Spéciale, elle apporte une perspective centrée sur l'inclusion et la qualité, des thèmes chers à la nouvelle administration.
Pour un observateur étranger, il est essentiel de comprendre que l'Union Civique Radicale (UCR) est l'un des partis politiques les plus anciens d'Argentine, rival historique du péronisme. La province de Mendoza était un bastion radical. Perdre l'UNCuyo, la principale université de la région (avec environ 58 000 étudiants), représente un coup dur pour le parti du gouverneur Alfredo Cornejo.
Ce changement s'inscrit dans un contexte national tendu par les discussions sur le financement des universités publiques et les salaires des enseignants, thèmes qui ont mobilisé le corps professoral (le claustro académique) vers des options de changement.
Alfredo S. Quiroga