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Martín Miguel de Güemes : le héros oublié qui défendit l'Argentine en solitaire

15/06/2026 09:18 - Actualidad

Monumento histórico ecuestre de un líder militar del siglo XIX en una plaza pública, con flores y ofrendas florales en la base, cielo azul con nubes, estilo conmemorativo

Un jour férié chargé d'histoire : pourquoi Güemes est-il célébré ?

Ce lundi 15 juin 2026 est jour férié en Argentine. Cette date correspond au transfert du 17 juin, journée commémorant la mort du général Martín Miguel de Güemes survenue en 1821. Cette année marque le 205e anniversaire de son décès, consécutif à dix jours d'agonie après une blessure par balle reçue lors d'une embuscade le 7 juin 1821.

La Municipalité de Salta (ville du nord-ouest argentin, capitale de la province éponyme) organise un hommage spécial le mardi 16 juin à 18h30 sur l'Explanade du Cabildo Historique (l'ancien hôtel de ville colonial). L'événement réunira la Banda Municipale « 25 de Mayo » et l'académie Nativos Dance Company, avec entrée libre et gratuite.

Contexte géographique : Salta est une province située dans le nord-ouest de l'Argentine, région stratégique durant les guerres d'indépendance car elle constituait la voie d'accès naturelle depuis le Haut-Pérou (actuelle Bolivie) vers les provinces du Río de la Plata.

📅 Détails de l'hommage

Date :Mardi 16 juin 2026
Horaire :18h30 à 20h00
Lieu :Explanade du Cabildo, Salta
Entrée :Libre et gratuite
Animations :Musique live, danse, malambo et jeu de ponchos

Le malambo est une danse traditionnelle argentine de zapateo (claquements de pieds), pratiquée historiquement par les gauchos. Le poncho est un vêtement typique sud-américain utilisé comme protection contre le froid.

👤 Fiche biographique

Nom complet :Martín Miguel de Güemes
Naissance :8 février 1785, Salta
Décès :17 juin 1821 (36 ans)
Lieu du décès :Quebrada de la Horqueta, Salta
Troupes :Los Infernales
Grade :Général en chef de l'Armée d'observation

De l'aristocratie à la tranchée : la vie d'un leader populaire

Güemes naît le 8 février 1785 à Salta, au sein d'une famille aisée. Son père, Gabriel de Güemes Montero, était trésorier royal de la Couronne espagnole. À seulement 14 ans, il s'engage dans le Régiment Fixe d'Infanterie, et à 21 ans, il se distingue déjà lors de la défense de Buenos Aires pendant les invasions britanniques de 1806.

En 1810, il rejoint le mouvement indépendantiste né de la Révolution de Mai (le 25 mai 1810, début de l'émancipation argentine). Il participe à la bataille de Suipacha le 7 novembre 1810, première victoire patriote dans le Haut-Pérou, bien qu'il ne fût pas mentionné dans le rapport de bataille en raison de différends avec ses supérieurs.

Son rôle le plus décisif débute en 1815, lorsqu'il rentre à Salta et organise sa propre force militaire : une armée populaire intégrée par des gauchos, métis, indigènes, esclaves et petits producteurs ruraux. Cette troupe fut connue sous le nom de « Los Infernales » (les Infernaux) à cause de leurs vêtements sombres et de leur férocité au combat.

Qu'est-ce qu'un gaucho ? Les gauchos étaient des cavaliers des plaines sud-américaines, souvent métis, vivant de l'élevage extensif. Ils constituaient un groupe social à part entière, connus pour leur habileté équestre et leur connaissance du terrain. Güemes fut l'un des rares leaders à les intégrer massivement dans une force militaire organisée.

⚔️ Los Infernales : la guerre de guérilla

Les milices de Güemes réussirent à repousser sept invasions royalistes (les forces loyalistes à la Couronne espagnole) en utilisant des tactiques de guérilla : des attaques surprises suivies de dispersion dans la végétation, exploitant leur connaissance parfaite du terrain. Cette stratégie, élaborée conjointement avec José de San Martín (le libérateur de l'Argentine, du Chili et du Pérou), permit de contenir les troupes espagnoles dans le nord pendant que l'Armée des Andes avançait vers le Chili et le Pérou.

Donnée clé : Güemes fut le seul général argentin tombé au combat durant les guerres d'indépendance.

Gouverneur élu par le peuple, trahi par l'élite

En mai 1815, le Cabildo de Salta nomma Güemes Gouverneur de l'Intendance de Salta, un vaste territoire englobant les actuelles provinces de Salta, Jujuy et Tarija (cette dernière faisant aujourd'hui partie de la Bolivie). Il fut élu par assemblée populaire, sans intervention de Buenos Aires.

Sa gestion appliqua des mesures qui générèrent un fort rejet parmi les secteurs aisés : suspension des loyers, expropriation de biens d'Espagnols non collaborateurs et emprunts forcés pour soutenir l'effort de guerre. Cette tension interne déboucha sur son isolement politique.

À Buenos Aires, un journal annonça après sa mort qu'il y avait « un cacique de moins » (terme péjoratif désignant un chef tribal), et Bernardino Rivadavia (premier président constitutionnel de l'Argentine en 1826) écrivit qu'était mort « l'abominable Güemes ». Pourtant, le peuple le considérait comme « un père ».

Contexte politique : Cette division reflète les tensions entre centralistes (Buenos Aires) et fédéralistes (provinces). Güemes incarnait une vision fédérale et populaire qui dérangeait l'élite portègne (de Buenos Aires).

🔫 L'Embuscade

7 juin 1821 : Güemes se trouvait en ville avec seulement 50 hommes. Il reçut une balle dans la hanche droite qui se logea dans son aine, tandis qu'il affrontait un groupe de fusiliers du roi.

L'attaque fut orchestrée par José María Valdés, un Valencien qui connaissait les sentiers cachés de la zone. Le commerçant Mariano Benítez l'avait informé sur la localisation de Güemes.

💔 Les Derniers Jours

Blessé, il fut transporté à la Quebrada de la Horqueta (une gorge montagneuse située à environ 30 km de la ville). Là, soigné par le médecin José Redhead (qui l'avait déjà averti que toute blessure serait mortelle en raison de sa supposée hémophilie), il agonisa pendant dix jours.

Les Espagnols lui offrirent des soins médicaux en échange de sa reddition. Güemes rejeta l'offre par cette phrase mémorable : « Dites à votre chef que je remercie pour ses offres sans les accepter ».

✝️ Mort et Héritage

Il mourut le 17 juin 1821. Ses dernières furent pour son épouse Carmen Puch : « Ma Carmen ne tardera pas à me suivre ; elle mourra de ma mort comme elle vécut de ma vie ».

Carmen mourut le 3 avril 1822 à 25 ans, s'enfermant dans sa chambre après la mort de son mari et de son fils Luis.

🏛️ Où reposent ses restes

Les restes de Güemes reposent dans le Panthéon des Gloires du Nord de la Cathédrale de Salta depuis 1918. À ses côtés se trouvent les restes de son épouse Carmen Puch, et d'autres figures comme Juan Antonio Álvarez de Arenales, Rudecindo Alvarado, Martín Silva de Gurruchaga, José Antonio Fernández Cornejo et Facundo de Zuviría.

Le transfert définitif fut réalisé en commémoration du centenaire de sa mort. En 1920, un monument fut érigé à l'endroit exact où, blessé, il tomba de son cheval.

Macacha Güemes : la sœur stratège

María Magdalena Dámasa Güemes, connue sous le nom de « Macacha », fut une pièce maîtresse dans la vie politique et militaire de son frère. Elle convertit sa maison en atelier où les dames de Jujuy confectionnaient des vêtements pour les soldats et participa à des missions risquées d'espionnage.

Ce fut Macacha qui présenta Güemes à María del Carmen Puch y Velarde, une jeune femme de 18 ans qu'il épousa le 15 juillet 1815 à la Cathédrale de Salta. Ils eurent trois enfants : Martín (qui deviendrait gouverneur), Luis et Ignacio.

La nuit de l'attaque, Macacha conseilla à son frère de s'échapper par une sortie cachée. Güemes ignora le conseil et emprunta le chemin qui lui coûta la vie.

📌 Une reconnaissance tardive

C'est seulement en 2010 que le jour férié du 17 juin fut instauré en son honneur, près de deux siècles après sa mort. Sa figure reste l'une des plus reléguées dans le récit officiel de l'Indépendance, malgré avoir défendu le nord argentin en solitaire pendant des années.

Sources : Infobae, Los Andes, Municipalité de Salta

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