Un tweet qui affiche une position claire
Le 6 août 2026, le ministre de la Dérégulation et de la Transformation de l'État, Federico Sturzenegger, a utilisé son compte Twitter pour féliciter le gouverneur de San Juan, Marcelo Orrego, pour les modifications apportées à la Loi sur les glaciers. Dans son message, Sturzenegger a affirmé que ces changements « apportent aujourd'hui la prospérité » et a critiqué ceux qui ont « vilipendé » la réforme, soulignant que « peut-être n'y a-t-il pas conscience que le chapitre de la loi sur les terres aurait permis la même chose, mais dans tout le pays ».
Le tweet, devenu viral dans les milieux politiques et miniers, se conclut par une phrase percutante : « Il s'agissait de choisir entre la peur et la prospérité ». Cette déclaration reflète la position du gouvernement national en faveur d'une flexibilisation des restrictions environnementales pour stimuler l'activité minière, en particulier dans les zones de haute montagne.
Qu'est-ce que la Loi sur les glaciers ?
La Loi sur les glaciers (n° 26.639) a été adoptée en 2010 et établit un inventaire national des glaciers et de l'environnement périglaciaire, interdisant les activités qui pourraient affecter leur conservation, comme l'exploitation minière et l'exploration d'hydrocarbures. Cette loi a été impulsée par des organisations environnementales et a rencontré une forte résistance de la part des secteurs miniers, qui la considéraient comme un frein au développement économique.
Ces dernières années, le gouvernement de Javier Milei a promu des modifications à cette loi pour permettre des projets miniers dans des zones proches des glaciers, arguant que la protection absolue empêchait l'exploitation de ressources stratégiques comme le lithium et le cuivre. San Juan, gouvernée par Orrego, est l'une des provinces avec le plus grand potentiel minier, avec des projets comme Pascua-Lama et El Pachón.
La référence à la loi sur les terres
Sturzenegger a mentionné le « chapitre de la loi sur les terres » comme un exemple de ce qui aurait pu être réalisé à l'échelle nationale. Il fait référence à la Loi sur les terres (n° 26.737), qui limite l'achat de terres rurales par des étrangers. Le fonctionnaire a suggéré que si une logique similaire à celle de la réforme des glaciers avait été appliquée, le développement aurait pu être stimulé dans tout le pays, mais le choix était entre « la peur et la prospérité ».
Cette déclaration s'inscrit dans le débat plus large sur la dérégulation économique promue par le gouvernement, qui vise à éliminer les obstacles bureaucratiques et environnementaux pour attirer les investissements. Sturzenegger, ancien président de la Banque centrale et maintenant ministre, est l'un des principaux architectes de cette politique.
Réactions et contexte
Le tweet a suscité des réactions mitigées. Alors que les secteurs miniers et les entrepreneurs ont salué la position officielle, des organisations environnementales comme Greenpeace et la Fundación Ambiente y Recursos Naturales (FARN) ont mis en garde contre les risques de modifier la protection des glaciers, qui sont des réserves d'eau douce essentielles pour des millions de personnes.
Le gouverneur Orrego, pour sa part, n'a pas répondu publiquement au tweet, mais sa gestion a été signalée comme l'une des plus actives dans la promotion de l'exploitation minière. San Juan compte déjà des projets en opération, comme Veladero, et d'autres en exploration.
La réforme de la Loi sur les glaciers est encore en débat au Congrès, mais le soutien explicite d'un ministre clé de l'exécutif renforce l'intention du gouvernement d'avancer dans cette direction. Pendant ce temps, la phrase de Sturzenegger est restée dans le débat public : « choisir entre la peur et la prospérité ».