29/07/2026 18:25 - Politica
Ce samedi 1er août 2026, la province de La Rioja (nord-ouest de l'Argentine) devient le théâtre d'un rassemblement qui se veut le point de départ de l'unité du péronisme en vue des élections de 2027. L'occasion est le 50e anniversaire de l'assassinat de Mgr Enrique Angelelli, tué le 4 août 1976 pendant la dernière dictature civico-militaire argentine. La cérémonie centrale aura lieu à Punta de los Llanos, où sera inauguré le nouveau Parc Angelelli.
Le gouverneur de La Rioja, Ricardo Quintela, a invité tous les courants du Parti justicialiste (PJ) dans l'espoir de réaliser une photo d'unité qui serve d'opposition au gouvernement de Javier Milei. La messe de midi sera présidée par l'archevêque de Mendoza et président de la Conférence épiscopale argentine, Mgr Marcelo Colombo, en présence d'évêques, de pèlerins et de fidèles venus de tout le pays.
La grande nouvelle pour le secteur kirchnériste est la confirmation de Máximo Kirchner, député national et fils de l'ancienne présidente Cristina Kirchner, qui mènera la délégation de La Cámpora (organisation de jeunesse péroniste). Selon la députée nationale Gabriela Pedrali, l'événement comptera une forte participation de dirigeants politiques et de représentants de l'Église.
Parmi les confirmés figurent les chefs de bloc Germán Martínez (Chambre des députés) et José Mayans (Sénat), ainsi que les députés Cecilia Moreau, Gaby Estévez, Nancy Sand, Juan Carlos Molina, Blanca Osuna, Martín Aveiro, Jorge Chica et Graciela Parola. L'ancien sénateur Jorge Taiana et le secrétaire syndical de La Bancaria, Sergio Palazzo, seront également présents.
L'objectif de Quintela de réunir les principales figures du péronisme sur une même scène ne sera pas pleinement atteint. Axel Kicillof, gouverneur de la province de Buenos Aires, a décidé de ne pas se rendre à La Rioja. Selon des sources proches, il privilégie la construction d'un front large et fédéral rassemblant des forces d'opposition au-delà du seul péronisme, plutôt que de participer à une unité qu'il juge superficielle pour une simple photo.
Quant à l'ancien candidat à la présidence Sergio Massa, il ne pourra pas assister pour des raisons familiales. Ces absences reflètent la fracture interne du parti, aggravée après les déclarations du député provincial Facundo Tignanelli, qui a comparé Kicillof à Augusto Vandor, célèbre syndicaliste péroniste des années 1960 qui prônait un péronisme sans Perón.
Au milieu de ce repositionnement politique, la députée et secrétaire nationale du PJ, Teresa García, a confirmé dans une interview que le parti travaille à une stratégie pour annuler l'inéligibilité politique de Cristina Fernández de Kirchner et lui permettre une nouvelle candidature. Nous croyons que Cristina est la mieux placée pour visualiser les temps à venir, a-t-elle déclaré.
La stratégie comporte trois volets : territorial, avec un accompagnement à son domicile de la rue San José 1111 où elle purge sa détention à domicile ; judiciaire, confié à son équipe juridique ; et international, avec le dépôt d'une plainte devant le Comité des droits de l'homme de l'ONU. Elle serait soutenue par l'avocat Rafael Valim, qui a défendu l'ancien président brésilien Lula da Silva. García a également défendu le système des PASO (primaires ouvertes, simultanées et obligatoires) comme mécanisme pour résoudre les divergences internes, et a rappelé le rôle historique du péronisme dans la représentation des travailleurs, suggérant que le mouvement doit renouer avec les secteurs populaires après la défaite de 2023.
La députée riojane Pedrali a insisté sur le fait que l'acte doit rester centré sur le message d'Angelelli, soulignant qu'il faut continuer à militer dans l'amour, et que l'amour l'emporte sur la haine. Tout en saluant l'inauguration du parc thématique destiné à promouvoir le tourisme religieux, elle n'a pas hésité à critiquer la récente visite de la directrice du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, estimant que le gouvernement national ne priorise pas la vie des Argentins face au remboursement de la dette.
Sources : elDiarioAR, La Nación, Ámbito, Tiempo Popular
Alfredo S. Quiroga