Le président américain Donald Trump a confirmé qu'il rencontrerait le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un avant la fin de l'année 2026. L'entretien pourrait avoir lieu en novembre, en marge du sommet de l'APEC à Shenzhen, en Chine. Cette annonce survient dans un contexte de guerre contre l'Iran et après une réduction controversée des exercices militaires avec la Corée du Sud.

Un nouveau chapitre dans la relation Trump-Kim

Le président des États-Unis, Donald Trump, a confirmé ce mercredi 19 août 2026 qu'il rencontrerait le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, avant la fin de l'année. La déclaration a été faite lors d'une visite des travaux en cours à la Maison Blanche, où Trump a répondu par l'affirmative à la question d'un journaliste.

« Oui, je le rencontrerai », a répondu le président, ajoutant que la Corée du Nord possède 57 armes nucléaires « très puissantes ». « On n'aurait jamais dû permettre que cela arrive. Si j'avais été président, je ne l'aurais pas permis. Mais elles les ont », a-t-il déclaré, tout en soulignant qu'il s'entendait « très bien » avec le dirigeant nord-coréen.

Point clé : Selon le quotidien The Wall Street Journal, la rencontre pourrait avoir lieu en novembre, profitant du sommet des dirigeants du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) qui se tiendra à Shenzhen, en Chine. Bien que la Corée du Nord ne soit pas membre du forum, la proximité géographique faciliterait une réunion en marge.

Pourquoi maintenant ?

Cette initiative de Trump s'inscrit dans un contexte de guerre contre l'Iran et de frustration envers des alliés historiques comme la Corée du Sud, qu'il accuse de ne pas le soutenir suffisamment dans le conflit autour du détroit d'Ormuz. Pour le président républicain, les sommets avec Kim ont représenté le moment de gloire de sa politique étrangère lors de son premier mandat (2017-2021), et il cherche à renouveler cette sensation de premier plan.

Le journal américain a indiqué que Trump « fait pression sur ses conseillers » pour planifier la rencontre, cherchant « un succès de politique étrangère à mettre en avant, alors que la victoire en Iran reste insaisissable ».

Exercices militaires réduits : le geste qui a mécontenté Séoul

La confirmation du sommet intervient quelques jours après que Trump a ordonné la réduction des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, qui ont commencé le 17 août et devaient se poursuivre jusqu'au 27, mais se termineront de manière anticipée le 21 août. C'est la première fois que des manœuvres de cette ampleur sont écourtées à la demande des États-Unis une fois commencées.

Le président a justifié cette décision sur sa plateforme Truth Social : les exercices « envoient un signal totalement inapproprié et hostile » vers la Corée du Nord, un pays qu'il considère comme « respectueux » et « non menaçant » depuis son retour au pouvoir en 2025. La décision a surpris le gouvernement sud-coréen, qui ne réalisera que la phase défensive des simulations, laissant de côté la contre-offensive.

Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun, a déclaré que l'ordre visait trois objectifs : forcer Séoul à répondre aux demandes de Washington, envoyer un signal à Pyongyang et sortir de l'impasse dans le conflit iranien. Les États-Unis maintiennent environ 28 500 soldats déployés en Corée du Sud, bien que Trump ait mentionné un chiffre de 39 000.

La réponse de la Corée du Nord : intérêt ou prudence ?

Alors que Trump assure que les échanges avec Kim sont « très positifs », la sœur du dirigeant nord-coréen et figure clé du régime, Kim Yo-jong, a démenti avoir connaissance d'un contact entre les deux dirigeants. Dans un communiqué diffusé par l'agence d'État KCNA, elle a affirmé que la relation bilatérale « reste excellente », mais n'a confirmé aucune conversation récente.

Pyongyang, qui considère historiquement les exercices militaires comme des répétitions d'invasion, a répondu ce mercredi en lançant un missile balistique au-dessus de la mer du Japon en signe de protestation. De plus, le régime a resserré ses liens avec la Russie et la Chine depuis l'échec des négociations de dénucléarisation, et a même envoyé des soldats dans la guerre en Ukraine.

L'arsenal nucléaire nord-coréen : combien de bombes ?

Les déclarations de Trump sur les 57 armes nucléaires coïncident avec les estimations des experts. L'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) a calculé en juin que la Corée du Nord « a probablement fabriqué environ 60 ogives et possède suffisamment de matière fissile pour en produire au moins 30 de plus ». D'autres analyses indiquent que le pays dispose de matériel pour atteindre 90 bombes.

Un précédent de sommets sans résultats

Trump et Kim se sont rencontrés à trois reprises lors du premier mandat du républicain : Singapour (2018), Hanoï (2019) et une rencontre improvisée dans la zone démilitarisée entre les deux Corées (2019). Ce furent les seuls sommets de l'histoire entre un président américain et un dirigeant nord-coréen, mais ils n'ont pas abouti à des accords concrets de dénucléarisation.

Depuis, Pyongyang a multiplié sa production d'armes nucléaires, passant d'environ 15 à 20 ogives il y a une décennie à environ 60 aujourd'hui, selon des estimations indépendantes. La Corée du Nord considère son programme nucléaire comme sa principale garantie de survie face aux menaces extérieures.

Réactions dans la région : la Chine et le Japon en alerte

L'annonce de Trump bouleverse les équilibres en Asie-Pacifique. La Chine, principal allié de Pyongyang, joue ses cartes : le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, est arrivé cette semaine à Séoul pour sa première visite bilatérale en Corée du Sud en cinq ans. Le Japon, préoccupé par la politique erratique de Trump, cherche à renforcer ses liens militaires avec l'Australie.

Le gouvernement sud-coréen, de son côté, négocie avec Washington la mise en œuvre d'un investissement de 350 milliards de dollars promis dans l'accord commercial de l'année dernière, dans un climat de méfiance croissante envers l'allié américain.

En perspective : Ce serait le quatrième sommet entre les deux dirigeants. La dernière fois que Trump a évoqué la possibilité d'une rencontre, c'était en 2025, lors d'une tournée en Asie, mais le projet était resté sans suite pour ne pas éclipser sa réunion avec le président chinois Xi Jinping. Aujourd'hui, le contexte est différent : la guerre contre l'Iran est au point mort, le pétrole dépasse les 90 dollars le baril et Trump a besoin d'un succès diplomatique à montrer.

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