Trump confirme la rencontre et révèle un chiffre inhabituel sur l'arsenal nord-coréen
Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé mercredi 19 août 2026 qu'il rencontrera le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un avant la fin de l'année. Cette déclaration a été faite lors d'une visite du chantier de la Maison Blanche devant des journalistes, rapportent les médias Infobae et La Nación.
« Oui, je le rencontrerai », a répondu Trump, avant de surprendre avec un détail sur l'arsenal atomique de Kim : « Il possède 57 armes nucléaires très puissantes. Cela n'aurait jamais dû être permis », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu'il « s'entend très bien » avec Kim et que le leader nord-Coréen « va bien ».
Il est rare qu'un président américain évoque publiquement un chiffre précis sur les capacités nucléaires de la Corée du Nord, qui reste un sujet extrêmement sensible.
Le lien Trump–Kim et la réaction de la Corée du Nord
Trump et Kim se sont rencontrés trois fois lors du premier mandat du républicain (2017-2021), mais ils n'avaient pas eu de contact depuis. L'ancien président avait déjà indiqué lundi que Kim avait répondu « de manière très positive » à ses tentatives de rapprochement, sans préciser le canal.
Quelques heures avant cette annonce, la sœur de Kim, Kim Yo Jong, a affirmé qu'elle n'avait « aucune connaissance » de ces contacts, tout en reconnaissant que son frère avait « de bons souvenirs et des sentiments » envers Trump. Elle a également minimisé la réduction des exercices militaires conjoints.
Exercices Ulchi Freedom Shield : réduits d'une semaine sur ordre de Trump
Dans le même temps, les armées sud-coréennes et américaines ont confirmé que les exercices annuels Ulchi Freedom Shield (UFS) se termineront le 21 août au lieu du 27 , comme initialement prévu, à la demande de Trump. Le président a justifié cette décision par la volonté de ne pas envoyer un signal « inapproprié et hostile » en raison de sa « bonne relation » avec Kim Jong-un.
L'armée sud-coréenne a indiqué que cette décision a été prise « à la suggestion de la partie américaine ». Les exercices comportaient deux phases, mais seule la première, défensive, sera exécutée. Le Pentagone affirme que cela ne remettra pas en cause les objectifs d'entraînement.
Cette coupe provoque des remous dans l'alliance. Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun, a déploré que son gouvernement n'a pas été informé à l'avance et soupçonne une pression pour que Séoul soutienne Washington sur d'autres fronts, notamment le conflit avec l'Iran.
Les États-Unis maintiennent environ 28 500 soldats en Corée du Sud, bien que Trump ait évoqué à tort le chiffre de 39 000. Cette présence militaire est un héritage de la guerre de Corée (1950-1953), qui s'est soldée par un armistice et non par un traité de paix.
Analyses et conséquences
Des analystes comme Leif-Eric Easley, de l'université Ewha à Séoul, préviennent qu'une réduction de ces manœuvres « peut nuire à la coordination de l'alliance, ralentir la transition de la Corée du Sud vers une plus grande autonomie de défense et affaiblir la dissuasion face à un conflit en Asie ». Le président sud-coréen Lee Jae-myung avait promis de reprendre le contrôle opérationnel de ses troupes en temps de guerre d'ici 2030, mais cette coupe complique cet objectif.
De son côté, la Corée du Nord a condamné via l'agence KCNA ces exercices comme « la menace la plus immédiate et ouverte » pour sa sécurité et pour la région, sans toutefois mentionner la rencontre annoncée par Trump.
Ce rapprochement survient dans un contexte de conflit entre les États-Unis et l'Iran, où Washington souhaite réduire sa présence militaire mondiale. Trump a lié les deux dossiers, évoquant la « dénucléarisation » de l'Iran à laquelle Séoul refuse de participer.
Selon le The Wall Street Journal, cette rencontre entre Trump et Kim pourrait avoir lieu en novembre, en marge du sommet de l'APEC à Shenzhen, en Chine. Aucun préparatif formel n'est encore engagé.