Un trésor artistique introuvable
Le Parlement britannique a perdu la trace de plus de 65 œuvres d'art depuis 2024, selon une demande d'accès à l'information (FoI) effectuée par l'agence Press Association et rapportée par The Guardian le 24 août 2026. La liste comprend des pièces d'une grande valeur historique et culturelle, comme une photographie de l'ancien Premier ministre Benjamin Disraeli (1804-1881), un portrait gravé de l'abolitionniste William Wilberforce (1759-1833) et une caricature satirique de Barbara Castle (1910-2002), figure emblématique du Parti travailliste.
Les pièces disparues
Parmi les objets égarés se trouve une photographie de Disraeli prise par John Jabez Edwin Mayall, un portraitiste victorien prolifique qui a capturé des images de Charles Dickens, Karl Marx et d'autres personnages de l'époque. Manque également une gravure de Wilberforce réalisée par l'imprimeur William Holl et son frère Francis. La caricature de Barbara Castle, qui la représente en Florence Nightingale, est l'œuvre du dessinateur Martin Rowson et date de la campagne de leadership conservateur de 1995.
De plus, une photographie de Margaret Beckett, la première femme à diriger le Parti travailliste et la première secrétaire d'État aux Affaires étrangères du Royaume-Uni, est également mentionnée.
Contexte historique
La disparition d'œuvres n'est pas un phénomène nouveau. En 2018, une demande similaire avait révélé que 224 œuvres étaient portées disparues, dont des portraits de William Pitt le Jeune et une peinture à l'huile de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, ce nombre est réduit à 65, et les autorités affirment que cinq d'entre elles ont été retrouvées cette année.
Le porte-parole du Parlement a expliqué qu'il s'agit d'une « collection de travail » et que les œuvres se déplacent fréquemment entre leurs emplacements enregistrés. « Rien ne prouve que les œuvres aient été perdues définitivement », a-t-il souligné, ajoutant qu'aucune n'a été radiée ni considérée comme une perte financière.
L'avis du caricaturiste
Martin Rowson, auteur de la caricature égarée, a commenté que la disparition d'originaux n'est pas rare. Il a rappelé qu'une caricature de 2004 envoyée au ministre de l'époque, Denis MacShane, « n'a jamais dépassé la réception ». Rowson a minimisé l'incident : « C'est dommage, mais ce ne sont pas les joyaux de la couronne. L'original est l'équivalent moderne des plaques de cuivre de Hogarth ou de Gillray. »
La collection d'art du Parlement est l'une des quatre collections patrimoniales, qui contiennent 26 000 objets, y compris des meubles et des arts décoratifs.
Cette nouvelle a suscité un intérêt au Royaume-Uni, où l'on débat de la gestion du patrimoine public.
Source : The Guardian