Le 21 août 2026, une juge fédérale de New York a déclaré illégale la mesure de l'administration Trump qui bloquait depuis janvier la délivrance des visas de résidence permanente pour les citoyens de 75 pays, dont le Brésil, la Colombie et l'Uruguay. Cette décision relance les procédures pour des milliers de familles et de travailleurs, et constitue un nouveau revers pour la politique anti-immigration du gouvernement.

Le 21 août 2026, la juge fédérale Jeannette Vargas, du tribunal de district sud de New York, a invalidé la politique de l'administration Trump qui suspendait la délivrance des visas d'immigrant pour les citoyens de 75 pays. Dans sa décision, la magistrate a estimé que la mesure était « contraire à la loi » et qu'elle excédait l'autorité légale du secrétaire d'État, Marco Rubio.

Cette décision marque un tournant dans la lutte juridique autour des politiques migratoires américaines et relance l'espoir pour des centaines de milliers de personnes ayant déposé une demande de visa avant janvier 2026.

Les motifs de la décision

La juge Vargas a estimé que la politique « contrevient à la loi sur l'immigration et la nationalité de 1965 », qui interdit explicitement toute discrimination fondée sur l'origine nationale dans l'octroi des visas. Elle a également souligné que la loi ne confère pas au secrétaire d'État le pouvoir de substituer son jugement à celui des agents consulaires.

Selon la législation, un demandeur ne peut être rejeté pour le motif de devenir une « charge publique » qu'après une évaluation individuelle de ses ressources financières, de son âge, de sa santé et de sa situation familiale. La juge a conclu que la pratique consistant à imposer un rejet automatique, même pour les candidats démontrant une solvabilité financière, était illégale.

Pays concernés

La restriction, en vigueur depuis le 21 janvier 2026, touchait environ 40 % des pays du monde. Les pays visés comprenaient :

  • Amériques : Brésil, Colombie, Uruguay, Cuba, Haïti, Jamaïque, Guatemala, Nicaragua et autres
  • Afrique : Égypte, Somalie, Nigeria, Éthiopie, Ghana, Rwanda et plus de 20 autres
  • Asie : Afghanistan, Iran, Irak, Syrie, Pakistan, Thaïlande, Yémen et autres
  • Europe : Russie, Albanie, Biélorussie, Géorgie, Kosovo et autres
  • Océanie : Fidji

L'argumentation du gouvernement et la riposte

Le département d'État a justifié sa mesure en affirmant que plus de 30 % des ménages immigrants de ces pays bénéficiaient d'une assistance publique. Un télégramme de Marco Rubio a ordonné aux agents consulaires de refuser les demandes même lorsque les candidats fournissaient des preuves supplémentaires de solvabilité. La juge a souligné dans sa décision : « Le résultat est prédéterminé. Le visa sera refusé. »

L'administration Trump a défendu cette politique sur la base d'un précédent de la Cour suprême de 2018 sur les restrictions de voyage. La juge Vargas a toutefois distingué cette jurisprudence, rappelant que « cette affaire portait sur le pouvoir du président de décider qui peut entrer sur le territoire, et non sur la délivrance des visas ».

Demanderurs et perspectives

Le recours a été introduit par deux organisations à but non lucratif – la Réseau catholique d’immigration légale (CLINIC) et African Communities Together – ainsi que par 11 personnes dont des proches ont vu leurs demandes de visa rejetées. Les cas incluent : six citoyens américains qui avaient déposé des demandes familiales pour le Ghana, la Jamaïque, le Guatemala et l'Éthiopie, et cinq Colombiens titulaires de visas de travail.

Anna Gallagher, directrice de la CLINIC, a salué cette décision : « Cette affaire vise à maintenir les familles unies ». Diana Konate, directrice adjointe de African Communities Together, a qualifié cette décision de « énorme victoire pour l'État de droit ».

Le jugement ordonne au département d'État de rétablir un examen individualisé des demandes. Les parties disposent d'un délai jusqu'au 11 septembre 2026 pour proposer une procédure de traitement des dossiers en suspens. L'administration Trump peut faire appel.