La Marine royale britannique a découvert que des drones K3 Scout, achetés en mars 2026 pour 12 millions de livres, envoyaient des données à des serveurs en Chine via leurs caméras, même éteints. Le ministère de la Défense a coupé Internet et l'opposition exige une enquête. Un scandale qui touche l'OTAN et les États-Unis.

Un cheval de Troie dans la Marine royale britannique

Révélé le 10 août 2026 par le quotidien The Telegraph, la découverte a obligé le ministère de la Défense du Royaume-Uni à déconnecter d'Internet 20 drones navals de dernière génération après avoir détecté que leurs caméras envoyaient des signaux non autorisés à une adresse IP située en Chine.

Les embarcations sans pilote, modèle K3 Scout, ont été acquises en mars 2026 pour environ 12 millions de livres sterling (environ 14 millions d'euros) auprès de la société britannique Kraken Technology Group. Elles sont conçues pour la surveillance et les opérations maritimes, faisant partie du programme Project Beehive, une initiative visant à intégrer des systèmes autonomes avec des navires traditionnels.

Que sont les communications de battement de cœur ?

L'enquête a révélé que les caméras installées sur les drones émettaient des communications de battement de cœur (heartbeat communications). Selon des experts en cybersécurité, ce sont de petits signaux automatiques que les dispositifs envoient pour confirmer qu'ils sont connectés et fonctionnent correctement.

Le grand problème réside dans le fait que ces signaux étaient dirigés vers un serveur chinois, et pire encore, les caméras restaient actives même lorsque les drones étaient éteints. Cela représente un risque extrême, car les K3 Scout ont opéré près du quartier général du Special Boat Service (SBS) à Poole et dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Le risque des portes dérobées

L'analyste Andrei Serbin Pont, dans un entretien avec Infobae, a mis en garde contre le concept de backdoor : une porte d'accès cachée dans le logiciel ou le firmware. Un composant d'origine chinoise peut devenir une vulnérabilité non prévue, permettant de filtrer des données de position ou d'accéder à des réseaux plus larges.

Bien que le ministère de la Défense britannique affirme qu'il n'y a pas de preuve que des informations sensibles aient été compromises, la confiance dans la plateforme a été fortement affectée.

Répercussions politiques et mondiales

Le scandale éclate à un moment délicat pour le Royaume-Uni. Alors que le gouvernement travailliste cherche un rapprochement diplomatique avec Pékin, l'opposition conservatrice exige un audit urgent. Alicia Kearns, parlementaire tory, a été catégorique : « Si nous ne pouvons pas dire avec confiance ce qu'il y a dans notre propre équipement militaire, nous ne pouvons pas dire que nous sommes souverains. »

Le problème dépasse les frontières : le modèle K3 Scout a également été acquis par le Commandement des opérations spéciales des États-Unis et a participé à des exercices de l'OTAN dans la mer Baltique. Cela démontre la domination écrasante de la Chine dans les chaînes d'approvisionnement technologique mondiales, même dans des équipements catalogués comme étant de fabrication occidentale.

Contexte pour comprendre

  • Loi sur le renseignement national de la Chine (2017) : Elle oblige les organisations et les citoyens chinois à coopérer avec les services de renseignement de l'État, un facteur de risque signalé par les gouvernements occidentaux.
  • Project Beehive : Initiative britannique visant à intégrer des embarcations sans pilote avec des navires de guerre traditionnels, avec un investissement projeté de plus de 5 milliards de livres pour les prochaines années.

Sources consultées : ABC Espagne, La Razón, Escenario Mundial et Negocios.com.