L'ONU demande au Canada de protéger l'activiste sikh Moninder Singh
Un groupe de rapporteurs spéciaux de l'ONU a exhorté le gouvernement canadien à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la vie de Moninder Singh, un éminent activiste de la communauté sikh qui fait face à des menaces crédibles de la part d'autorités étrangères.
Le contexte des menaces et le rôle de l'ONU
Selon The Guardian, cinq experts indépendants de l'ONU ont envoyé une lettre au gouvernement canadien datée du 3 juin 2026 et rendue publique récemment. Dans ce document, les rapporteurs spéciaux chargés de la lutte contre le terrorisme, du droit de réunion pacifique, des défenseurs des droits humains, de la liberté de religion et de l'ordre démocratique international ont exprimé leur inquiétude face aux allégations troublantes d'intimidation et de représailles étrangères contre Singh.
L'activiste, âgé de 44 ans, a reçu quatre notifications de devoir d'avertissement de la part des autorités canadiennes depuis 2022, l'alertant sur des menaces imminentes et crédibles contre sa vie. Récemment, en février 2026, la police canadienne s'est rendue à son domicile pour l'avertir que sa famille était également en danger, quelques jours avant que le Premier ministre Mark Carney ne se rende en Inde pour des accords commerciaux.
Qu'est-ce que le mouvement Khalistan ?
Le mouvement Khalistan vise la création d'un État sikh indépendant dans la région du Pendjab, en Inde. Cette campagne remonte à l'indépendance de l'Inde en 1947 et a été interdite par le gouvernement indien. Des activistes de cette cause à l'étranger affirment être la cible de menaces et de représailles de la part de New Delhi.
L'affaire Hardeep Singh Nijjar et la répression transnationale
La demande de l'ONU s'inscrit dans un contexte de relations diplomatiques tendues entre le Canada et l'Inde. En 2023, l'ancien Premier ministre Justin Trudeau a accusé l'Inde d'avoir orchestré l'assassinat de Hardeep Singh Nijjar, un activiste sikh et ami proche de Moninder Singh, abattu près d'un temple dans une banlieue de Vancouver. Les services de renseignement canadiens ont soutenu ces accusations, qualifiant l'incident d'escalade significative dans les efforts de répression de l'Inde.
Les experts de l'ONU ont souligné que les menaces contre Singh s'inscrivent dans un schéma plus large de répression transnationale de la part des autorités indiennes contre les activistes sikhs dans différents pays. Singh s'est rendu à l'ONU à Genève au début de cette année pour demander une action internationale contre cette présumée persécution.
Le silence n'est pas une option
Moninder Singh a déclaré aux médias que la lettre de l'ONU est un rappel de jusqu'où l'État indien est prêt à aller pour faire taire les voix qui plaident pour l'autodétermination. Il a affirmé qu'il refuse d'être intimidé et que sa défense du Khalistan est fondée sur le droit international et les droits humains.
L'équilibre diplomatique délicat de Mark Carney
L'actuel Premier ministre, Mark Carney, a tenté d'apaiser les tensions avec New Delhi en se rendant en Inde en mars 2026 pour signer des accords commerciaux et en minimisant les avertissements de menaces antérieurs. Cette position a suscité des critiques au sein de la communauté sikh au Canada, qui estiment que le commerce est privilégié au détriment de la sécurité des citoyens. Les autorités canadiennes, quant à elles, ont assuré qu'elles sont convaincues que la campagne de menaces et de violences a cessé, bien que des activistes comme Singh maintiennent leurs inquiétudes.