Ce vendredi 4 septembre 2026, l'Argentine connaît une journée d'euphorie sur les marchés financiers. Le risque pays est retombé sous la barre des 500 points de base, tandis que le dollar officiel a reculé de 5 pesos au Banco Nación. Les obligations souveraines et les actions argentines à Wall Street sont majoritairement en hausse, portées par de bons chiffres de l'emploi américain et un rapport de Citi qui relativise le risque politique.

L'Argentine, pays d'Amérique du Sud connu pour sa riche culture et son histoire économique mouvementée, vit un moment de fort optimisme sur les marchés. Ce vendredi 4 septembre 2026, le risque pays est retombé sous le seuil symbolique des 500 points de base, s'établissant entre 491 et 495 points, son niveau le plus bas depuis le 17 août. Cet indicateur, calculé par la banque américaine JP Morgan, mesure la prime de risque que les investisseurs exigent pour détenir de la dette argentine par rapport aux bons du Trésor américain, considérés comme sans risque. Plus ce chiffre est bas, plus la confiance des investisseurs est grande.

Le dollar officiel, lui, a clôturé le jeudi 3 septembre à 1 530 pesos au Banco Nación, en baisse de 5 pesos en une seule journée. Cette dépréciation du billet vert s'explique par les interventions de la banque centrale argentine, qui a acheté 15 millions de dollars sur le marché, portant ses réserves brutes à 50,8 milliards de dollars.

Des obligations en hausse et des actions qui grimpent

Les obligations souveraines en dollars (les Bonares et les Globales) progressent de 0,7 % à 0,8 %, reflétant l'amélioration de la perception du risque. Sur le marché actions, l'indice S&P Merval de la Bourse de Buenos Aires gagne 0,3 % en pesos, à 3 067 302 points. Mesuré en dollars, il avance de 0,6 %, à 1 936 unités.

À Wall Street, les ADR et actions argentines sont majoritairement en hausse, avec des performances notables comme Telecom Argentina (+3,2 % à +3,4 %), IRSA (+1,7 % à +2,4 %) et Loma Negra (+1,6 %). Ce rebond contraste avec la séance du jeudi 3 septembre, où les actions argentines à New York avaient clôturé en baisse : YPF -2,8 %, Cresud -2,7 %, Loma Negra -2,6 % et Telecom -2,2 %.

Qu'est-ce qui motive cet optimisme ?

Plusieurs facteurs expliquent cette embellie. D'abord, le rapport sur l'emploi américain d'août a fait état de la création de 162 000 postes, bien plus que les 55 000 attendus, tandis que le taux de chômage est resté stable à 4,1 %. Ces chiffres rassurent sur la santé de l'économie mondiale et réduisent les craintes de récession.

Ensuite, un rapport de la banque Citi, cité par Reuters, estime que le marché exagère le risque politique à l'approche des élections de 2027 et que les fondamentaux macroéconomiques ne se sont pas détériorés. Cette analyse contraste avec l'incertitude habituelle liée au calendrier électoral argentin.

Par ailleurs, le président américain Donald Trump a menacé d'imposer des embargos commerciaux aux pays en déficit, tout en faisant pression sur la Réserve fédérale pour qu'elle baisse ses taux d'intérêt. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, devrait commencer à acheter des bons du Trésor le 9 septembre pour faire baisser les taux à long terme, ce qui pourrait profiter aux marchés émergents.

Dollars financiers et perspectives

Sur le marché des changes, le dollar CCL (Contado con Liquidación) a clôturé jeudi à 1 588,50 pesos, tandis que le dollar MEP (Mercado Electrónico de Pagos) s'établissait à 1 528,13 pesos. Ces taux de change sont utilisés par les entreprises et les investisseurs pour se dollariser légalement, et leur évolution est un indicateur clé des anticipations de dévaluation.

La baisse du risque pays et la stabilité du taux de change sont des signaux positifs pour l'économie argentine, qui cherche à consolider sa reprise. Cependant, les analystes recommandent la prudence, car les marchés peuvent être volatils et les facteurs externes, comme la politique monétaire de la Fed, restent déterminants.

Avec des informations de TN.