Le 26 août 2026, une coulée de boue et d'eau a dévasté des dizaines de projets hydroélectriques dans le nord du Népal, faisant plus de 1 250 morts et 4 216 disparus. Les équipes de secours du Népal, de l'Inde et de la Chine travaillent contre la montre dans des tunnels effondrés, tandis que les survivants racontent des scènes d'horreur et que les experts appellent à des systèmes d'alerte précoce pour éviter de futures catastrophes.

Une catastrophe sans précédent dans l'Himalaya

Le 26 août 2026, une combinaison mortelle d'inondations soudaines et d'une coulée de boue a frappé la région frontalière entre le Népal et le Tibet (Chine), laissant une traînée de destruction qui, encore aujourd'hui, 3 septembre, tient tout le pays en haleine. Les chiffres officiels sont effroyables : plus de 1 250 morts (1 252 corps récupérés à ce jour), 4 216 disparus (dont 583 étrangers) et 11 993 rescapés (dont 273 étrangers).

La tragédie a particulièrement frappé les travailleurs des projets hydroélectriques le long de la rivière Trishuli, dans les districts de Rasuwa et Nuwakot, au nord du Népal. On estime qu'environ 900 travailleurs restent portés disparus sur ces chantiers, un chiffre qui a fluctué entre 639 et 900 selon les sources, mais qui reflète l'ampleur du désastre.

Chiffres clés de la catastrophe
  • Morts au Népal : 1 252 corps récupérés
  • Disparus au Népal : 4 216 (dont 583 étrangers)
  • Rescapés au Népal : 11 993 (dont 273 étrangers)
  • Blessés/traités : 5 135
  • Morts en Chine : au moins 21
  • Disparus en Chine : ~550 (dont 261 étrangers)
  • Corps récupérés en Inde : 3
  • Enfants ayant besoin d'aide urgente (UNICEF) : au moins 22 000

Projets hydroélectriques : l'épicentre de la tragédie

Le réseau électrique du Népal dépend presque exclusivement de l'hydroélectricité (100 % depuis 2015), ce qui explique les importants investissements dans les barrages et les tunnels de la région. Les projets les plus touchés sont :

  • Upper Trishuli-1 (en construction, district de Rasuwa) : le plus grand nombre de disparus.
  • Trishuli 3A : 42 disparus, avec un tunnel de 4 km.
  • Chilime : 6 disparus, tunnel de 250 m.
  • Upper Trishuli 3B (en construction) : où Pemba Dundu Tamang a survécu.

Les tunnels, désormais remplis de boue et de débris, sont devenus des pièges mortels. Le Brig. Gén. Ujwal Rana, chef des opérations de secours, a averti que les recherches pourraient s'étendre sur 3 à 4 mois en raison des conditions difficiles : mauvais temps, routes et ponts détruits, et tunnels obstrués par les sédiments.

Des sauvetages héroïques et des témoignages déchirants

Au milieu de la dévastation, il y a des histoires de survie qui émeuvent. Pemba Dundu Tamang, travailleur du projet Upper Trishuli 3B, a couru 20 minutes pour échapper à l'eau, mais a perdu 6 membres de sa famille (mère, frère, belle-sœur et 3 enfants). Il estime que 50 à 60 travailleurs ont réussi à s'échapper avec lui. Son collègue Itha Ghale a perdu 8 membres de sa famille, dont sa mère et sa fille aînée.

Un autre survivant, Bhakti Ram Bohara, estime que seulement ~100 des ~1 000 travailleurs ont survécu. Son beau-frère est toujours porté disparu. Ram Chandra s'est accroché aux barreaux du toit pour sortir et a mis 6 heures à atteindre l'embouchure du tunnel.

Mais il y a aussi des miracles : Manisha Magar, une fillette de 5 ans, a été secourue vivante après 60 heures sous un bâtiment effondré. Son histoire a redonné espoir aux équipes de secours.

Opérations de secours : une course contre la montre

Des équipes du Népal, de l'Inde et de la Chine travaillent à la recherche de survivants. Sur le projet Trishuli 3A, un trou a été percé et un rappel a été effectué, mais sans réponse. De l'air est pompé et des fournitures sont envoyées à l'intérieur. À Chilime, le tunnel est bloqué par les sédiments et seuls 130 mètres ont été parcourus.

Le Premier ministre Balendra Shah a assuré que les secours avanceront lorsque la boue sera sèche et qu'il y aura une base stable. Pendant ce temps, les familles des disparus attendent avec angoisse des nouvelles.

Alerte précoce : la leçon qui aurait pu sauver des vies

Un rapport de l'Alliance académique asiatique de la montagne, du Centre Stimson et de l'Institut chinois des dangers et de l'environnement de montagne a révélé que des images satellite montraient des signes d'instabilité glaciaire (mouvement plus rapide, eau de fonte brune, fissures) plusieurs jours avant la catastrophe. Un système d'alerte précoce en aval, où l'inondation a mis plus de 10 minutes à arriver, aurait pu sauver des centaines de vies.

Les experts demandent maintenant de réviser la conception, l'emplacement et le dimensionnement des projets dans la région, et de favoriser un système régional de surveillance des risques. La demande d'électricité, alimentée même par l'intelligence artificielle, pourrait intensifier ces efforts, mais la sécurité doit être une priorité.

Contexte économique et avenir

Le Népal, la Chine et l'Inde ont fortement investi dans l'hydroélectricité dans l'Himalaya. Cette tragédie pose un dilemme : le développement énergétique est vital, mais il ne peut ignorer les risques naturels. La reconstruction sera longue, mais la résilience du peuple népalais est inébranlable.

Source : The New York Times